Depuis les trois premiers jours du couvre-feu, les bandits ont délibérément défié les autorités en marquant cette période de 72 heures avec des tirs de hauts calibres dans plusieurs quartiers de la capitale. Ces tirs retentissent comme une alarme chaque soir, perturbant le sommeil de la population.
Les bandits ont semé davantage de paniques en soirée qu’en journée, traumatisant la population avec leurs tirs sporadiques. Le gang Krazebaryè a attaqué l’Académie nationale de police, ainsi que des zones avoisinantes.
En raison de ces événements, les autorités haïtiennes ont publié le jeudi 7 mars dernier un arrêté instaurant l’état d’urgence sécuritaire sur toute l’étendue du département de l’Ouest, y compris la capitale, pour une période d’un mois. Elles ont également décrété un nouveau couvre-feu nocturne jusqu’au dimanche 10 mars.
Suite à cette prolongation, la population espérait que des mesures plus fermes seraient prises contre ces gangs qui sévissent principalement la nuit. Malheureusement, la situation s’aggrave davantage, avec des attaques incendiaires menées contre le sous-commissariat de Delmas 28 ainsi que le sous commissariat de marché Salomon.
Les bandits ont poursuivi leurs attaques en s’attaquant au commissariat de Port-au-Prince et à la base de l’UDMO, causant plusieurs victimes dans les parages du Champs-de-Mars, notamment parmi les réfugiés présents au niveau du REX théâtre. Ils ont forcé l’évacuation des lieux sous la pluie dans la soirée du 8 mars 2024. Cette même nuit, le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT) a été partiellement incendié. Une génératrice ainsi que des véhicules stationnés dans le parking du bâtiment ont été la proie des flammes criminelles. Des tirs ont également été entendus dans plusieurs autres quartiers.
Nous nous interrogeons : quand la population pourra-t-elle de nouveau savourer les mélodies apaisantes des sauterelles, compagnes habituelles des soirées propices au repos ?
Juste un clin d’œil !