La population haïtienne devient, pour la plupart, des juifs errants, des personnes sans domicile fixe. En effet, plusieurs dizaines de familles ont laissé leurs maisons pour se réfugier devant l’entrée principale de l’ambassade américaine à Tabarre depuis hier lundi 24 juillet 2023, où ils ont passé leur nuit. Ces derniers sont obligés de prendre la fuite face à la terreur des gangs armés à Tabarre qui continuent de semer la terreur. C’est la énième fois que des familles ont dû laissé en catastrophe leurs maisons.
C’est un sauve-qui-peut indescriptible, car les habitants sont angoissés par l’attaque d’assaillants armés du gang « Kraze Baryè » dirigé par Vitel’Homme INNOCENT. Ils étaient des hommes, des femmes et des enfants qui s’étaient installés à l’entrée de l’Ambassade des États-Unis en Haïti, à la recherche d’un refuge. Ce spectacle ahurissant n’est pas la première mais une épisode de la série des familles haïtiennes qui se lancent dans une course sans merci face aux assauts répétés des gangs opérant dans plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
« J’ai dû brusquement courir, sans avoir eu le temps de rien prendre dans la maison. Je n’ai que les seuls habits que je porte », témoigne un déplacé très émotionné. Sans oublier que les rafales d’armes automatiques résonnent dans la commune de Tabarre depuis le week-end écoulé. Les habitants sont aux abois.
L’image est choquante. Ces déplacés étaient, pour la plupart, des femmes qui avaient avec elles leurs enfants qui s’étaient allongés sur le ventre par devant l’ambassade pour passer la nuit. Le calvaire continue pour la population haïtienne qui cherche, à tout prix, à s’échapper à l’intensification de la violence des bandes armées. Ces familles lançaient des cris de détresse à l’endroit des autorités concernées qui semblent occupées à autres choses.
C’est le silence total au niveau des autorités en place alors que des habitants appellent au secours face aux atrocités des bandes armées opérant sous les ordres de Vitelhomme Innocent. Les autorités ne se sont pas encore exprimées sur ces escalades de violences, qui paralysent toute activité dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince.
Après les familles de Martissant et Cité-Soleil qui s’étaient réfugiées sur des places publiques et chez des proches pour échapper à la fureur des caïds, celles de la Plaine du Cul-de-Sac, Croix-des-Bouquets et récemment la population de la Petite-rivière de l’Artibonite, de Liancourt, de Verettes, Pernier, entre autres, sont forcées de quitter leur demeure respectif sous la pression des gangs armés.
Les réfugiés repoussés par les forces de l’ordre
Cependant, au cours de ce mardi 25 juillet 2023, des policiers, vêtus d’uniformes de Maintien d’Ordre, ont repoussé les réfugiés avec des tirs de gaz lacrymogènes.
Plusieurs réfugiés se sentaient menacés face à l’usage abusif de ces policiers qui ne faisaient qu’appliquer les ordres du Conseil Supérieur de la Police Nationale.
À quand la fin de cette course que ne date pas d’hier? Longtemps cantonnées dans les zones très défavorisées du bord de mer de Port-au-Prince, les bandes armées ont grandement accru leur emprise à travers la ville et le pays depuis 2020, multipliant assassinats et enlèvements crapuleux.
Juste un clin d’œil !