Alors que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) touche à sa fin, ce 7 février 2026, l’heure est au bilan. Entre une tentative avortée d’éviction du Premier Ministre, Alix Didier FILS-AIMÉ, et des indicateurs socio-économiques en chute libre, le Conseil quitte la scène sur une note d’échec cuisant, laissant la Primature seule, face aux urgences de la nation.
Ce qui devait être un organe de consensus s’est transformé, au fil des mois, en un théâtre de luttes d’influence stériles. Depuis sa création, le CPT a semblé prisonnier de ses propres contradictions internes. L’espoir initial d’une gouvernance inclusive s’est heurté à une réalité brutale : l’incapacité des Conseillers-Présidents à transcender les intérêts partisans pour s’attaquer au cœur du problème haïtien, qu’est l’insécurité galopante.
Le dernier point de rupture a, sans doute, été la tentative malheureuse de démettre le Premier Ministre, Alix Didier FILS-AIMÉ. Cette manœuvre, perçue par beaucoup comme une crispation d’orgueil politique, plutôt que comme une nécessité administrative, a fini par discréditer totalement le Conseil.
Au lieu de stabiliser l’appareil d’État, cette crise de leadership a accentué la déliquescence des institutions et paralysé les mécanismes de concertation nationale, laissant le pouvoir exécutif dans un flou juridique préoccupant, à seulement quelques jours de l’échéance institutionnelle du 7 février.
Au-delà de l’incapacité à organiser des élections, le bilan économique, sous le règne du CPT, est sans appel. L’inflation a continué de rogner le pouvoir d’achat des ménages, tandis que l’investissement privé est devenu un lointain souvenir, en raison de l’instabilité persistante. L’accès aux soins de santé et à l’éducation est devenu un luxe pour une population dont la résilience atteint, désormais, ses limites critiques.
Soutenu par une partie de la classe politique, de la société civile, et surtout par une communauté internationale lassée des querelles de palais, Alix Didier FILS-AIMÉ a maintenu son cap. La Primature est ainsi apparue comme le rempart privilégié contre un vide total, là où le Conseil s’enfonçait dans une quête échouée de survie.
Avec le départ imminent des Conseillers-Présidents, le Premier Ministre se retrouve dans une position paradoxale. Libéré de la tutelle encombrante d’un Conseil divisé, il hérite, néanmoins, d’un pays à bout de souffle. Le sursaut attendu de la Primature n’est plus une option, mais une question de survie nationale, où la priorité doit être la restauration de la sécurité, condition sine qua non pour toute velléité de retour à l’ordre constitutionnel.
Dans ce nouveau contexte, la Primature saura-t-elle transformer cette solitude au pouvoir en un levier efficace pour sortir Haïti de l’impasse ?
Juste un clin d’œil !