Près de treize jours depuis les attaques incendiaires et meurtrières des gangs de grand ravin, les habitants de carrefour feuilles attendent encore l’intervention de l’Etat central et des organisations de la société civile pour sortir de leur situation de dénuement.
Il est 3 heures de l’après midi, nous sommes au gymnasium Vincent, à la rue romain. Dans un espace annexé au terrain de jeu, se trouvent entre 900 et mille personnes dont des femmes et des enfants. Certaines se logent sous une soixantaine de tentes, tandis que d’autres sont à même le sol.
Jimmy Jean Julien, coordonnateur technique de la protection civile pour la zone métropolitaine de Port-au-Prince informe que suite à l’attaque d’hier, plus de 250 personnes additionnelles ont augmenté le nombre des déplacés abrités au gymnasium Vincent. Les membres du comité de gestion de ce centre d’hébergement ont du transférer plus de 580 personnes dans les locaux du lycée du cent cinquantenaire (lycée des Jeunes filles), ce vendredi matin.
Selon le représentant communal de la protection civile, c’est le fond d’assistance economique et sociale (FAES) qui se charge de la nourriture de ces victimes tandis que la Direction Nationale d’eau potable et d’assistance (DINEPA) met de l’eau potable à leur disposition. Medecin sans frontière (MSF) et le Ministère de la Santé Publique et de la population (MSPP) quant eux, leur fournissent une assistance médicale.
Néanmoins, il affirme que les efforts déployés par ces institutions sont loin de combler les attentes des victimes. En ce sens, dit-il, d’autres organisations apportent parfois des kits sanitaires, des tentes entre autres.
Amos Joachin, un habitant de « dos Savann », nous fait part de sa situation : « Je suis là depuis le lundi 14 août avec ma femme et mes cinq enfants, les bandits ont incendié ma maison, j’ai dû fuir avec l’unique vêtement que je portais, jusqu’à présent, je n’ai remarqué la présence d’aucun représentant de l’Etat central ».
Quant à Marie Exilia Généus, une vielle femme qui habitait à la montagne, informe qu’elle s’est abritée au gymnasium Vincent depuis le dimanche 13 août. Cependant, son mari n’a pas eu le temps de s’échapper. Il a été tué le jeudi 17 août. Elle dénonce les mauvaises conditions d’hygiène au niveau de centre d’accueil.
« Les toilettes sont défectueuses, pour effectuer un besoin, il faut aller aux toilettes publiques situées au champs de mars au prix de cinquante gourdes ou au bois de chêne. », déplore-t-elle.
De l’avis du coordonnateur technique de la protection civile, les besoins sont nombreux, l’appui d’autres partenaires est nécessaire pour organiser une clinique mobile, accorder une assistance psychologique aux victimes qui sont approximativement au nombre de 25.000, réparties sur plusieurs centres d’hébergements. C’est également le souci des déplacés qui attendent une action concrète de l’Etat pour pouvoir revenir dans leurs quartiers.
Juste un clin d’œil!