Le juge instructeur en charge du dossier de détournement des matériels du Centre National des Équipements (CNE), Duniel Dimanche, a décerné des mandats d’amener contre deux (2) anciens Chefs d’État, neuf (9) anciens Chefs de Gouvernement, trois (3) ex ministres, six (6) parlementaires et plusieurs autres anciens officiels de l’État pour corruption et trafic d’influence liés au détournement des biens publics ainsi que des faits d’usurpation de fonctions liés à la violation flagrante de la constitution haïtienne.
Dans une ordonnance rendue le vendredi 5 janvier 2024, le magistrat instructeur a ainsi exigé à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), aux responsables de commissariats, aux commandants de la force publique, et à la population en générale d’arrêter les anciens présidents haïtiens, Joseph Michel Martelly et son successeur Jocelerme Privert, président provisoire. Des anciens pensionnaires de la Primature : Jean-Michel Lapin, Jean Henry Céant, Emmanuel D’ores, Yves Germain, Laurent Salvador Lamothe, Enex Jean Charles, Garry Conille, Joseph Jouthe, Evans Paul, Jean Marx Bellerive et Michelle Duvivier Pierre Louis.
L’ancienne Ministre de la Santé Publique et de la Population; Florence Duperval Guillaume, deux ex-titulaires du Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), Jacques Evelt Eveillard et Fritz Caillot risquent aussi la prison.
Des anciens parlementaires dont les députés Malherbe François, Clovis Obas, Pierre Bel Ange et Wolf Papillon; les anciens sénateurs Willot Joseph et Francisque De La Cruz ainsi que des directeurs généraux et d’autres anciens officiels dont : Remarais Sergot, Fortuné Marthis, Jean Claude Jean Marcelin, Herard Morel Esperance, Ossé Daniel, Tide Jean Renel, Perilus Worms, Roosevelt Delimont, Gérald Jean Baptiste, Jacques Rousseau et Roland Pierre devraient être derrière les barreaux dans les prochains jours.
Selon l’ordonnance du juge d’instruction, ces personnalités sont accusées de corruption et complicité de corruption, trafic d’influence liés au détournement des biens publics ainsi que des faits d’usurpation de fonction liés à la violation flagrante de la constitution haïtienne, conformément aux prescrits de la loi de mai 2014 sur la Corruption ainsi que les articles 19, 44,130 et 217 du code Pénal haïtien.
En guise de rappel, dans un rapport d’enquête publié le 15 novembre 2023, l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) avait fait savoir qu’un lot de matériels, équipements de l’État sont disparus, démolis ou ont échappé de tout contrôle. Ajouter à cela, 78 matériels appartenant à l’État se trouvent entre les mains de certaines personnalités politiques, qui sont pour la plupart des anciens élus.
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