La situation socio-économique du pays ne cesse de s’empirer quotidiennement. Des zones qui, jadis, étaient tranquilles, ou même résidentielles sont aujourd’hui devenues de nouveaux « territoires perdus », aux dires de la ministre de la justice et de la sécurité publique, Emmelie Prophète MILCÉ. La population paie le prix fort, car la situation économique, déjà précaire des citoyens, est devenue plus alarmante. Le développement économique et social du pays est entravé.
À la crise politique et institutionnelle persistante, s’ajoute la violence accrue des gangs qui se veulent avoir, à tout prix, le contrôle des circonscriptions. Ce qui impacte l’économie qui s’est contractée pendant ces quatre dernières années, selon les données communiquées par la Banque Mondiale.
L’accaparement de nouveaux territoires par les gangs armés provoque des miliers de deplacés au sein de la capitale haïtienne. La situation des déplacés, fuyant la terreur des gangs et exposés, dans les camps de fortune, a de grands risques. Venant des quartiers populaires, ces personnes vivaient, jadis, en dessous du seuil de la pauvreté, certes. Mais, leur situation s’est empirée avec l’escalade de la violence.
L’instabilité du prix panier de la ménagère provoquée par une concurrence déloyale, l’inflation, la cherté de la vie sont devenues ou caractérisent l’économie nationale. Les impacts de la violence des gangs sur l’économie limitent considérablement l’accès des ménages pauvres à des revenus et à une alimentation suffisante
La monnaie nationale, la gourde, tend à se déprécier, par rapport aux devises étrangères. À l’instar des produits nationaux, les prix des produits alimentaires importés ont augmenté en glissement annuel.
Après Martissant et Croix-des-Bouquets, c’est au tour des habitants de Tabarre et de Carrefour-feuilles et leurs zones avoisinantes de subir la chasse des bandits armés. Les familles, venant de ces zones, sont complètement decapititalisées, elles ont tous perdu: leur bien, leur travail et les paisibles citoyens sont obligés de répartir à zéro. A Carradeux et Vivy-Michell, quartier où réside le premier ministre Ariel HENRY, des tirs nourris ne cessent de troubler le sommeil des riverains, et les autorités font la sourde oreille par rapport au cri de la population.
La propagation rapide de maladies infectieuses dans des espaces aussi surpeuplés est imminente. L’insalubrité régnant dans ces espaces ne font qu’aggraver la situation dans un pays qui peine, depuis plus d’une décennie, à éradiquer le choléra. Les cas de violences physiques, sexuelles et psychologiques restent pendants. Les jours qui passent et le silence indifferent des membres du gouvernement ne font qu’augmenter l’anxiété et le stress que ressentent ces habitants qui vivaient, jadis, dans une zone pour le moins tranquille de Port-au-Prince.
Quand peut-on espérer un changement? Quand pourront-ils rentrer chez eux ? Ce sont, entre autres, des interrogations auxquelles ces victimes n’ont toujours pas de réponse.
Juste un clin d’œil !