Entre 2015 et 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) a pris en charge près de 17 000 survivantes de violences sexuelles et sexistes, majoritairement des femmes et des filles, à la clinique «Pran Men’m», située à Delmas 33. Ces chiffres figurent dans un rapport publié, ce mercredi 28 janvier 2026.
Intitulé « Violences sexuelles et sexistes à Port-au-Prince, en Haïti », le document s’appuie sur dix années de données médicales et de témoignages recueillis par MSF au sein de cette structure spécialisée, créée en 2015.
Au terme d’environ dix ans d’activités, la clinique Pran Men’m a pris en charge 16 999 survivantes de violences sexuelles et sexistes, dont plus de 2 300 entre janvier et septembre 2025. À cause de cette augmentation de la demande, MSF avait déjà élargi ses capacités et ouvert en 2022 un service dédié à Cité Soleil, le plus grand bidonville de la capitale haïtienne, où vivent environ 300 000 personnes dans des conditions précaires.
Les femmes et les filles restent les principales victimes de ces violences, depuis 2015, 98 % des personnes suivies à Pran Men’m sont de sexe féminin. Ces données sont confirmées par le mécanisme de surveillance des Nations Unies, qui indique que plus de 99 % des cas de violences sexuelles, signalés entre janvier et septembre 2025 impliquant l’usage d’armes, ont visé des femmes et des filles, ce qui illustre leur vulnérabilité persistante et les obstacles majeurs à l’accès aux services d’assistance.
Selon le rapport, 98 % des personnes prises en charge sont des femmes et des filles. La fréquentation de la clinique a fortement augmenté depuis 2021, passant d’une moyenne de 95 admissions mensuelles à plus de 250 en 2025. Pour Diana Manilla ARROYO, Cheffe de mission de MSF en Haïti, cette évolution est directement liée à la dégradation de la situation sécuritaire dans la capitale.
Les données montrent que les violences concernent toutes les tranches d’âge et touchent de plus en plus de personnes déplacées vivant dans des conditions précaires. Près d’un cinquième des patientes déclarent avoir subi des agressions à plusieurs reprises.
Le rapport souligne également une hausse de la brutalité des attaques. Depuis 2022, 57 % des survivantes affirment avoir été agressées par des membres de groupes armés, souvent lors d’agressions collectives.
Face à cette situation, MSF appelle à une réponse urgente et coordonnée des autorités haïtiennes, des bailleurs internationaux, des agences des Nations Unies et des acteurs de la sécurité. L’organisation plaide pour un accès élargi et gratuit aux soins médicaux et psychosociaux, ainsi qu’un renforcement des dispositifs publics de protection en faveur des survivantes.
Juste un clin d’œil !
QQ88 COM
janvier 31, 2026 at 8:40 am
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