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Éditorial

Éditorial : Transition sans fin, pays à bout, que restera-t-il après le 7 février ?

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À l’approche du 7 février, date hautement symbolique dans l’histoire politique d’Haïti, le pays semble de nouveau au bord d’une secousse institutionnelle. La fin annoncée du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ouvre une période d’incertitude, dans un contexte déjà marqué par l’insécurité généralisée, l’effondrement socio-économique et une profonde lassitude de la population.

Alors que les gangs armés étendent leur contrôle sur de larges portions du territoire, que les déplacements forcés se multiplient et que l’économie est à l’arrêt, le débat politique continue pourtant de se dérouler loin des réalités quotidiennes. Les propositions de « sortie de crise » se succèdent dans les salons diplomatiques et les cercles de pouvoir, sans que les souffrances de la population n’en soient le point de départ.

Le CPT, mis en place pour remettre le pays sur la voie de la stabilité et préparer des élections crédibles, arrive à l’échéance de son mandat sans avoir rempli ses principales promesses. La sécurité ne s’est pas améliorée, l’autorité de l’État reste largement contestée et le calendrier électoral demeure flou. Dans ces conditions, la fin du mandat du Conseil soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Pourtant, au lieu d’un bilan rigoureux et d’un débat national sur l’avenir de la transition, ce sont de nouvelles formules politiques qui émergent : propositions de prolongation, recomposition des instances de transition, accords entre acteurs politiques, médiations extérieures. Autant d’initiatives qui donnent l’impression que la crise est traitée comme un problème de gouvernance à gérer entre élites, plutôt que comme une urgence humaine et sociale.

Tout porte à croire qu’Haïti est en train de se diriger vers une situation comparable à celle observée après l’assassinat du Président Jovenel MOÏSE, avec un Premier Ministre, Alix Didier FILS-AIMÉ, appelé à exercer seul l’autorité exécutive en l’absence d’un cadre institutionnel clairement établi.

Pendant ce temps, la majorité des Haïtiens vivent sous la menace constante de la violence armée. Des quartiers entiers sont coupés du reste du pays, des familles sont déplacées, des enfants ne vont plus à l’école et l’accès aux soins devient un luxe. La crise politique, loin d’être abstraite, se traduit chaque jour par une dégradation des conditions de vie.

Le risque, à l’approche du 7 février, est de voir le pays basculer dans un nouveau vide présidentiel ou dans une transition encore plus longue et confuse. Une transition sans horizon clair, sans légitimité renforcée et sans résultats concrets pour la population ne ferait qu’aggraver la défiance et la colère.

Haïti n’a pas seulement besoin d’un nouvel arrangement politique. Le pays a besoin d’un cap, d’un minimum de sécurité, et d’institutions capables de répondre aux urgences. Sans cela, le 7 février pourrait marquer non pas un nouveau départ, mais le début d’un autre cycle de blocage et d’instabilité, un nouveau séisme politique aux conséquences imprévisibles.

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