À Solino, Delmas 30 et Nazon, les habitants, qui regagnent leur domicile après avoir fui la violence, découvrent une paix paradoxale car soulagement et peur cohabitent. L’appel à la paix, lancé par le président et porte-parole de la coalition criminelle Viv Ansanm, se présente comme rassurant. Pour les résidents, il signifie la possibilité de retrouver un toit et dormir plus ou moins décemment, après avoir quitté des zones où la violence régnait sans entrave et où l’État était absent.
Mais cette “paix” n’a rien de celle qu’un État démocratique garantit. Elle repose sur la crainte et la soumission, la tranquillité des habitants dépend entièrement de la bonne volonté des gangs. Ici, la sécurité n’est pas un droit, mais une concession accordée par ceux qui détiennent le pouvoir par la force.
L’ampleur de l’effondrement institutionnel est criante. Là où les forces de l’ordre devraient protéger la population, ce sont désormais les gangs qui dictent la vie sociale et économique. Port-au-Prince est fragmentée, chaque territoire est contrôlé par une coalition criminelle différente. Les habitants vivent au rythme des couvre-feux, des rackets et des intimidations, acceptant une “paix” conditionnelle, fragile et temporaire.
Le contraste est cruel où l’État, censé garantir sécurité et justice, semble impuissant ou absent. Chaque moment de calme peut disparaître en un instant, et la population n’a aucun recours légal. La peur devient monnaie d’échange, et la tranquillité n’est qu’un privilège offert par des criminels.
Cette situation illustre tragiquement ce que devient un État affaibli face à la criminalité organisée. Sans institutions fortes, ni justice accessible et sans forces de sécurité capables d’agir, la “paix” devient un luxe, octroyé par ceux qui usurpent le pouvoir, et non un droit garanti. Les habitants de Solino, Delmas 30 et Nazon vivent au quotidien cette réalité d’où une tranquillité apparente, fragile, qui ne remplace jamais la vraie sécurité.
Ce que certains appellent “paix” n’est qu’une illusion. Tant que l’État ne reprendra pas le contrôle et ne restaurera pas la sécurité publique, les citoyens resteront prisonniers d’une stabilité précaire, dépendante de ceux qui font régner la terreur.
Les bandits vous laissent la paix, ils vous donnent leur paix ; ce n’est pas à la manière du monde qu’ils la donnent. Que votre cœur reste vigilant : ils s’en vont, et ils reviendront.
Juste un clin d’œil !
Mustafa Cole
août 29, 2025 at 4:23 pm
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