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Éditorial

Éditorial : le grand dilemme des supporters face aux géants du football, une difficile transition entre admiration et fierté nationale

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La qualification de la sélection haïtienne de football pour la Coupe du Monde 2026 est un moment historique. Une joie forte, attendue depuis des générations, plus de 52 ans après 1974. Mais cette joie révèle aussi une réalité plus simple et plus émotionnelle : certains supporters haïtiens continuent de dire qu’ils seront derrière le Brésil ou l’Argentine, même lorsque l’une de ces équipes affrontera Haïti dans la compétition, cette année.

Et là, une question se pose : est-ce normal, ou est-ce que cela pose un problème de civisme, de morale ou de patriotisme ?

Cette question n’est pas nouvelle. Depuis longtemps, ils sont très nombreux en Haïti à aimer, voire měme admirer le football brésilien. Le jeu du Brésil a marqué des générations. Dès le Mondial 1982, avec des joueurs comme SÓCRATES, beaucoup sont tombés amoureux de cette manière de jouer. Plus tard, en 2004, la venue de grandes stars comme RONALDO ou Roberto CARLOS à Port-au-Prince, ce lien a été renforcé surtout avec une foule immense venue les voir lors du match entre les 2 sélections.

Depuis, pour beaucoup, le Brésil est devenu une équipe de cœur. L’Argentine aussi compte ses supporters en Haïti, avec des stars comme MARADONA ou MESSI. Ce sont des choix qui viennent de loin, souvent dès l’enfance, souvent des émotions.

Mais, pour cette 23e édition de la Coupe du monde, quelque chose change. Haïti participe à cette édition, et le 19 juin prochain, le pays affrontera le Brésil. Là, pour certains compatriotes, le cœur sera partagé.

Faut-il juger cela ? Pas forcément. Aimer une équipe étrangère n’est pas un manque de respect. C’est souvent une habitude de longue date, une passion personnelle.

Mais, il y a aussi un autre regard. Quand son pays est en Coupe du monde, ce n’est plus seulement un match. C’est une image du pays, une fierté, un moment rare. Dans ces moments-là, beaucoup pensent qu’il est naturel de soutenir son équipe nationale.

C’est aussi le moment de partager ce que ressentent les Argentins ou les Brésiliens de naissance ou par naturalisation. Mais, pour beaucoup de générations en Haïti, ce moment n’a jamais été vécu. Certains restent donc attachés à leur équipe de cœur, même face à ce rendez-vous historique longtemps rêvé.

Au fond, ce débat n’est peut-être pas une question de morale stricte. C’est surtout une question de cœur : entre ce qu’on a toujours aimé et ce que l’on découvre en ce moment.

Et peut-être que c’est cela, le vrai changement : Haïti n’est plus seulement en train de regarder le monde jouer. Haïti joue aussi.

Sur le plan du civisme et de la morale, la situation ne se résume pas à un jugement binaire. Beaucoup de supporters développent des fidélités sportives indépendantes de leur nationalité, souvent dès l’enfance.

Dans ce contexte, soutenir les Grenadiers dépasse le simple choix sportif. Cela devient aussi un acte symbolique de reconnaissance et de fierté collective. Le civisme, ici, ne signifie pas renier ses préférences, mais être conscient de ce que représente une sélection nationale : un pays qui se présente au monde, qui porte ses couleurs et son image.

La morale sportive invite donc moins à opposer les supporters qu’à encourager la nuance : on peut admirer une équipe étrangère, tout en reconnaissant l’importance historique d’un pays qui participe à une compétition mondiale.

En résumé, il ne s’agit pas d’un problème moral au sens strict, mais d’un moment de transition identitaire où se croisent attachement personnel et fierté nationale.

Juste un clin d’œil !

 

 

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