L’emprise des gangs dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince s’accroît. Cette situation alarmante a de graves conséquences sur le quotidien de la population haïtienne qui ne cesse d’exprimer sa préoccupation par rapport à cette situation qui inquiète plus d’un. De leur côté, les autorités policières, judiciaires et gouvernementales n’arrivent pas à cerner l’escalade de violence qui prévaut dans le pays, notamment dans la capitale.
Dans plusieurs zones du pays, dont Carrefour, Carrefour-Feuilles, Croix-des-Bouquets, Delmas, La Croix Périsse, Savien, Solino, Tabarre, Vivy-Mitchell, entre autres, une escalade effrénée de la violence est constatée ces derniers mois. Cette situation accablante a coûté la vie de nombreux riverains des zones précités et plusieurs autres sont blessés par balles. Les victimes sont des citoyens qui vaquaient à leurs occupations et sur lesquels les bandits armés ont ouvert le feu.
Désormais, il n’y a plus de quartiers huppés à Port-au-Prince, mais plutôt des ghettos modernisés, car les gangs n’ont pas de limites. Aucune couche sociale n’est épargné des balles perdues, sauf ce qui alimentent la violence généralisée et les autorités qui se font complices des bandits armés, car la terreur instaurée par les gangs est profitable à ceux qui veulent rester au pouvoir.
Pour les 2 premières semaines du mois d’août, au moins 73 personnes ont été assassinées, dont 54 à Carrefour-Feuilles seulement suite à l’invasion des gangs armés dans ce quartier populaire. Du 4 au 16 août 2023, des attaques armées sporadiques ont été enregistrées à Carrefour-Feuilles. Parmi ces victimes figurent 2 policiers, au moins 3 autres sont blessés par balles. Des milliers de familles ont été pourchassées par les bandits armés opérant à Grand-Ravine, selon un rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains.
Une agence onusienne a révélé qu’au moins 2439 cas de tueries, 902 blessées et 951 cas d’enlèvements en Haïti pour la période allant du 1er janvier au 15 août 2023. Ajouter à cela, du 24 avril à la mi-août, plus de 350 personnes ont été lynchées par la population locale et des groupes d’autodéfense. Parmi lesquelles figurent 310 membres présumés de gangs, 46 membres du public et un policier poursuit le Haut Commissaire des Nations Unies en Haïti.
À la base de cette situation, les gangs rivalisent pour s’installer dans de nouvelles zones tout en consolidant leur contrôle sur des zones déjà sous leur emprise. Ce qui attire l’attention c’est le comportement inerte des autorités policières et gouvernementales, notamment le Premier Ministre de facto qui est aussi le titulaire du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), Dr Ariel Henry, la Ministre de la justice, Emmelie Prophète Milcé, celui de la défense, Dr Énold Joseph, et Directeur Général a.i de la PNH, Frantz Elbé, tous membres du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) qui n’a rien fait pour assister et protéger la population livrée aux mains des gangs.
La Police Nationale d’Haïti (PNH) fait preuve de faiblesse devant l’arsenal des gangsters, car, à maintes reprises, les bandits ont défié les forces de l’ordre. Pendant que des soldats des Forces Armées d’Haïti (FADH) et des policiers déterminés à voler au secours de la population sont détachés à des officiels et des amis proches des membres du gouvernement qui s’en soucient guère des cris de désespoir et de désolation d’une population oubliée.
Prendre la fuite, abandonnant leurs résidences et tout ce qu’ils possèdent, la population civile n’a pas d’autres recours. Des citoyens fustigent même le comportement des autorités qui font la sourde oreille quand ils réclament protection et assistance de l’État. Une situation qui pousse ces derniers à penser à un complot du gouvernement en place contre eux.
Les gangs armés sont activés et maintiennent un climat de terreur dans le pays sans crainte et sans peur. la population est en détresse face aux assauts répétés des gangs armés dans chaque coin et recoin du pays, surtout dans la capitale, épicentre de la violence. Les autorités gouvernementales continuent de jouir des privilèges que leur offrent des postes clés sans se soucier du sort des plusieurs millions d’haïtiens qui souffrent au quotidien de leur incompétence et leur incapacité à conduire le pays dans un climat sécuritaire et de paix.
Juste un Clin D’œil !